Aller au contenu principal
Fermer

La plateforme de concertation laisse les lycéens mobilisés indifférents voire sceptiques
information fournie par AFP 09/10/2026 à 12:29

Manifestation pour l'éducation le 8 octobre 2026 à Marseille ( AFP / Miguel MEDINA )

Manifestation pour l'éducation le 8 octobre 2026 à Marseille ( AFP / Miguel MEDINA )

Le gouvernement la promeut comme un outil de "dialogue" en parallèle de la reprise des cours et met en avant plusieurs dizaines de milliers de contributions en quelques jours. Mais la plateforme de concertation pour les lycéens est accueillie avec indifférence ou scepticisme par les élèves mobilisés.

La plateforme, active depuis lundi, "est là pour dire +oui on fait des choses+ mais ça bloque la discussion", estime Leia Vignard, 16 ans, du lycée Jules-Guesde de Montpellier, rencontrée dans la manifestation des lycéens et étudiants jeudi.

Pour autant, elle n'est pas d'accord avec les appels au boycott au risque que le gouvernement "fasse pareil et boycotte la discussion avec nous, ce sera un débat niveau cour de maternelle".

Des étudiantes, dont Romane Oudom, 17 ans, en fac de droit, relèvent que "finalement le gouvernement ne propose que des mesures qui ne coûtent rien : l'interdiction des portables, une plateforme de discussion."

Après une dizaine de jours de mobilisation lycéenne, partie d'un établissement de banlieue parisienne, le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé le 30 septembre une "plateforme de concertation" pour que les élèves puissent "faire part de toutes leurs demandes" et "de leurs inquiétudes".

Baptisée "Lycéennes, lycéens : vous avez la parole", ouverte jusqu'au 23 octobre, celle-ci affichait vendredi matin 67.000 contributions - un chiffre à rapporter aux deux millions de lycéens en France - alors que "tout le monde ricanait au début", a-t-il remarqué vendredi matin lors d'un déplacement à Cachan (Val-de-Marne).

Le ministre de l'Education Edouard Geffray en déplacement dans un lycée à Cachan, dans le Val-de-Marne, le 9 octobre 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

Le ministre de l'Education Edouard Geffray en déplacement dans un lycée à Cachan, dans le Val-de-Marne, le 9 octobre 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

Il a promis un "événement de restitution nationale" des contributions pour "apporter des réponses structurées", fin octobre. Puis jeudi soir, il a annoncé que les contributions "nourrir(aient) des propositions d'amendement du gouvernement dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027".

Tout le monde, sans vérification de la qualité de lycéen, peut répondre à deux questions ouvertes, sur les "principales difficultés" rencontrées dans les lycées et ce qui "devrait changer ou être amélioré pour mieux apprendre".

Les réponses, jusqu'à 800 mots environ, sont anonymes par défaut, mais l'on peut préciser le nom d'un établissement. Une journaliste de l'AFP a pu participer deux fois, de deux terminaux informatiques différents.

"Pour que ça se calme"

Pour Hippolyte, élève de terminale, 17 ans, parmi les organisateurs des blocus au lycée Arago, dans l'est de Paris, cette plateforme de concertation "va être comme les cahiers de doléances des +gilets jaunes+". "Ca va être stocké dans des archives, ça va servir à rien", dit-il.

Dans le rassemblement place de la Bastille jeudi à Paris, plusieurs lycéens que l'AFP a rencontrés n'avaient même pas entendu parler de cette plateforme.

Meena, 18 ans, en terminale au lycée Charlemagne à Paris, où des blocages ont eu lieu depuis plusieurs jours, la connaît mais n'apportera pas sa contribution.

Pour Irène, sa camarade de 17 ans, le gouvernement a lancé cet outil "pour que ça se calme et qu'on retourne au lycée". Pour Tim, 15 ans, scolarisé à Honoré-de-Balzac à Paris, drapeau arc-en-ciel autour des épaules, il sert à "faire croire qu'ils font quelque chose".

"C’est n'importe quoi. Il y a deux questions. Ils nous demandent pourquoi on manifeste, mais nos revendications ça fait 10 jours qu'on les crie dans la rue", souligne vendredi matin Paul, élève de terminale au lycée Saint-Charles à Marseille.

Après la crise des "gilets jaunes", tous les citoyens ont pu écrire dans des cahiers de doléances. Cette consultation citoyenne (15 janvier-15 mars 2019) avait été la réponse du président Emmanuel Macron au vaste mouvement populaire de contestation, fin 2018, contre la vie chère, la casse des services publics, les inégalités et les lacunes de la démocratie.

En avril 2025, le gouvernement a décrété l'ouverture à tous de ces archives. Le ministère de la Culture avait précisé qu'il s'agissait de pouvoir "consulter sur place ou obtenir une copie de ces documents".

3 commentaires

  • 13:44

    Perso ce mouvement lycéen téléguidé par la LFI et parce qu’ils n’ont plus accès à leur smartphones me débecte. Mais là, si on se met à leur place, refaire le coup déjà utilisé des cahiers de doléances avec les gilets jaunes c’est quand même vraiment gros !!!


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires